- M. VIEILLE-GROSJEAN Henri (Université de Strasbourg)
- M. JAILLET Alain (Université de Cergy-Pontoise) *
- M. IWATA Fumiaki (Université pour l’Éducation d’Osaka, Japon) *
- M. AUDRAN Jacques (Institut national des sciences appliquées de Strasbourg) examinateur
* rapporteur
Membres invités :
- Mme REGNAULT Elisabeth (maître de conférences, HDR, Université de Strasbourg)
- M. HAUG Marc (directeur de recherche CNRS, Université de Strasbourg)
- Mme REGNAULT Elisabeth (maître de conférences, HDR, Université de Strasbourg)
- M. HAUG Marc (directeur de recherche CNRS, Université de Strasbourg)
Cette recherche s’intéresse aux pratiques pédagogiques enseignantes portant sur le développement d’un respect du soi, des autres, voire de la vie des élèves en primaire au Japon. L’« éducation à la vie » se rapporte au contexte social et scolaire de l’apparition des phénomènes massifs de brimades, de violences, de refus d’aller à l’école et de suicides chez les enfants et les jeunes. S’y associent souvent les soucis et problèmes psychologiques comme une faible estime de soi, la tendance dépressive, le développement relationnel et communicationnel insuffisant. L’émergence de ces problèmes correspond à la montée de la politique néolibérale dans les années 1980 qui, d’une part, favorise l’inégalité sociale dans l’ensemble de la population japonaise et, d’autre part, renforce la compétitivité et l’élitisme scolaire, accentue l’aspect discriminatoire de l’institution scolaire et entraîne une inégalité des niveaux d’acquisition entre les élèves. L’expression de l’« éducation à la vie » renvoie ainsi à une interrogation profonde et fondamentale pour initier, avec conscience, les enfants à évoluer comme êtres en vie, être humain et être social, et à apprendre à se construire (être heureux et épanoui, savoir édifier de bonnes relations) au lieu de laisser détruire (être agresseur ou victime des brimades et violences, être déprimé, suicidaire) par les forces utilitaristes (néolibéralisme) qui conditionnent, voire menacent la vie des enfants, leur existence familiale et scolaire.
Une enquête a été menée auprès des acteurs éducatifs de l’école primaire dans la ville de Kyôto. Adoptant la théorie ancrée (grounded theory), l’éducation à la vie a été examinée à partir des données recueillies sur les pratiques et les pensées pédagogiques, ainsi que l’ensemble des éléments personnels des acteurs éducatifs interviewés. Les résultats montrent qu’en faisant l’éducation à la vie, les enseignants participent inconsciemment mais pleinement à la transmission culturelle et à la socialisation des élèves, tout en les éduquant aux normes et aux valeurs à la fois culturelles et sociales.
Ainsi, l’éducation à la vie pratiquée dans les écoles correspondait à une solution, disons, très japonaise (inspirée et argumentée à travers la notion de vie/inochi) pour lutter contre les problèmes à la fois relationnels, comportementaux et psychologiques observables chez les élèves.
La soutenance aura lieu le vendredi 16 juin 2017 à 14H30 à l’Université de Strasbourg, dans la salle Fustel au Palais Universitaire, 9 place de l’Université.






