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Université de Lorraine

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L’autoévaluation des compétences en contexte: L’intime au service d’un apprentissage expansif.

Type de soutenance: 
Thèse
Nom: 
GRUBER JOST
Prénom: 
Sylvie
Directeur(s) de thèse: 
Henri Vieille-Grosjean
Equipe: 
Normes et valeurs
Composition du jury: 
  • Mme Ailincai Rodica, Professeur à L'Université de la Polynésie français*
  • M Peiro I Gregori Salvador, Professeur à L'université d'Alicante*
  • Mme Pacurar Ecaterina, MCF-HDR à L'université de Strasbourg
  • M Jaillet Alain, Professeur à L'université de Cergy Pontois

* rapporteur externe

Résumé: 

Cette recherche se penche sur l’autoévaluation des compétences dans le champ de la pédagogie. Le contexte dans lequel se pratique l’autoévaluation (Allal, 2007)  influence l’apprenant pour qu’il accepte de prendre le risque de s’y livrer. S’autoévaluer, c’est porter un regard de valeur sur soi, c’est aussi accepter de montrer quelque chose de soi. Mais pour montrer à qui ? Si le tiers, enseignant, parent ou camarade, est nécessaire, il est indispensable de s’interroger sur sa fonction et sur son regard. Cette relation questionne la transmission dans l’expérience éducative (Vieille-Grosjean, 2009). Si le but de l’enseignant est de rendre l’enfant compétent (Reboul, 1980), quel est le but de l’enfant qui apprend à l’école ? Cette étude empirique interroge la pratique de l’autoévaluation des compétences auprès des élèves du primaire. Les observations participantes menées sur plusieurs mois ont permis de recueillir des données concernant la perception qu’ont les élèves de leurs compétences et de la note attribuée par leur enseignant sur ces compétences. L’analyse quantitative et comparative des données a mis en lumière dans un premiers temps une situation révélant l’illusion d’incompétence (Bouffard et al, 2006) chez environ un quart des élèves. L’élaboration d’autres outils (grille d’observation, retranscription des entretiens en focus groupe) liés à l’approche émique de ce travail a permis d’explorer le processus cognitif intime en jeu chez les élèves au moment de la phase d’introspection et de poser la question du sens que les élèves donnent au travail scolaire. L’analyse qualitative a identifié des enfants jouant le jeu de l’élève normé : l’élève qui réussit, sait qu’en classe, il est plus important de montrer que l’on sait que de savoir (Meirieu, 1994) ; il est enfermé dans un apprentissage défensif (Holzkamp, 1995) où la nécessité d’apprendre n’existe que parce qu’elle rencontre la sanction. L’autoévaluation, inscrite dans le temps, agit comme un révélateur des attendus des uns et des perceptions des autres : elle permet à l’apprenant de prendre conscience de son pouvoir d’action dans la trajectoire de sa réussite scolaire et de son rapport au savoir (Bautier, Charlot et Rochex, 2000). La pratique de l’autoévaluation, à condition qu’elle se situe dans le champ de la pédagogie, amène un espace de rencontre entre l’enseignant, l’élève et le savoir ; elle permet ainsi à l’école d’offrir la possibilité à l’élève de tendre vers un apprentissage expansif (Holzkamp, 1995). L’enfant en prenant conscience de sa responsabilité peut passer d’un être évalué à un être apprenant.

Mots clés : Autoévaluation, apprentissage expansif, illusion d’incompétence, responsabilisation, relation pédagogique, transmission.

Date début de thèse: 
Janvier 2015
Date de soutenance: 
ven - 22/06/2018
En savoir plus: 

La soutenance aura lieu à 14h30 dans l'amphi Fresnel à la Faculté de Physique et Ingénierie, 3-5 rue de l'Université, 67084 Strasbourg