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Université de Lorraine

Université de Lorraine

Les représentations sociales d'étudiantes féministes en Turquie vis-à-vis de la domination masculine et de l'égalité des sexes : entre laïcité, tradition et religion.

Type de soutenance: 
Thèse
Nom: 
OZKAZAL
Prénom: 
Akilé
Directeur(s) de thèse: 
Elisabeth Regnault
Equipe: 
Apprentissages, pratiques d’enseignement et d’éducation
Composition du jury: 

 

Marie Ladier-Fouladi, Directrice de recherche EHESS, Paris, rapporteure ;

Françoise Lantheaume, Professeure en Sciences de l’éducation, Université Lyon 2, rapporteure ;

Saeed Paivandi, Professeur en Sciences de l’éducation, Université de Lorraine ;

Elisabeth Regnault, Professeur en Sciences de l’éducation, Université de Strasbourg, directrice

Henri Vieille-Grosjean, Professeur émérite en Sciences de l’éducation, Université de Strasbourg.

Résumé: 

La recherche que nous menons tend à interroger la domination masculine et l’égalité des sexes en tant que sujets conflictuels au sein de la société turque. Dans les sociétés patriarcales, cette domination soumet la femme au père puis au mari, ainsi qu’à tous les hommes de son entourage, ce qui fait perdurer les inégalités de génération en génération. La domination masculine engendre l’inégalité des sexes et la femme turque est rivée entre les injonctions de la laïcité et celles de la religion musulmane. Depuis peu, les féministes turques s’interrogent sur les causes de cette domination et se donnent tous les moyens pour la combattre. Le féminisme est considéré comme une forme de résistance des femmes, suite aux pressions subies en raison de leur appartenance sexuelle. Elles souhaitent l’égalité des droits en tentant de changer le rapport de force entre les deux sexes. Cependant, la domination masculine est de plus en plus présente à travers les violences, les interdictions et les pressions envers les femmes. Les étudiantes féministes laïques et kémalistes considèrent que cette domination trouve ses origines dans le Coran qui encouragerait la soumission des femmes. Quant aux étudiantes féministes islamiques, elles stipulent que c’est la tradition et les multiples interprétations du Coran qui expliquent la domination masculine. De plus, la laïcité est également en tension chez ces groupes d’étudiantes. Les étudiantes laïques et kémalistes craignent de voir disparaitre le principe de la neutralité inscrit dans la laïcité, au détriment d’une Turquie devenant de plus en plus religieuse. Pour ces dernières, la laïcité promeut l’émancipation de la femme et l’égalité des droits. Les étudiantes islamiques, quant à elles, critiquent ouvertement la laïcité qui serait source de discrimination et surtout responsable de l’inégalité entre les sexes. Pour ces dernières, la laïcité est vécue comme un frein à l’émancipation de la femme car ces étudiantes, portant le voile, n’ont pu accéder au savoir pendant de longues années. Nous avons choisi le public d’étudiantes car elles sont dans un processus de réussite universitaire et professionnelle, en prônant l’émancipation de la femme. Leur rapport à la religion est différent puisque certaines affichent, au niveau vestimentaire, leur appartenance religieuse et les autres non. En effet, les deux groupes d’étudiantes féministes ont vécu des expériences qui influencent leurs représentations sociales et leurs comportements. En particulier, les étudiantes islamiques, s’étant senties exclues de la société laïque, sont dans une démarche de revendication et d’émancipation en réaction à ces sentiments d’exclusion. Interroger également des étudiants laïcs et kémalistes puis des étudiants islamiques semble pertinent afin de croiser les regards des femmes et des hommes sur la perception et les origines de la domination masculine et de l’inégalité des sexes. L’étude des représentations sociales à forte valence affective, comme ce qui est le cas de notre problématique, nécessite une méthode qualitative avec des entretiens semi directifs de recherche qui permettent une libre expression autour de quelques questions précises. Il a été impossible de rencontrer les étudiantes et étudiants au sein de l’université en Turquie. Nous avons, par défaut de réponse, rencontré les femmes au sein d’associations à Istanbul et les hommes, étudiants Erasmus, à Strasbourg. Les raisons sont les suivantes : les universités turques sont devenues des lieux de détermination. A la moindre influence religieuse ou laïque, c’est dans l’enseignement supérieur que débutent les émeutes et que les clivages se forment car de nombreuses universités déterminent les positionnements politiques et religieux des étudiants. Notre échantillon est constitué de 30 étudiant(e)s dont 10 étudiantes islamiques, 10 étudiantes laïques et kémalistes, 5 étudiants islamiques et 5 étudiants laïcs et kémalistes. Nous avons choisi l’entretien semi-directif pour questionner les étudiant(e)s à travers 4 thèmes identiques pour chaque groupe tels que la perception de la domination et de l’inégalité, les causes de la domination et de l’inégalité, la relation entre la religion et tradition puis l’influence de la laïcité. Nous avons opté pour une démarche hypothético-déductive accompagnée d’hypothèses préalables. Les résultats obtenus valident totalement les hypothèses dans le cas des étudiant(e)s islamiques et partiellement dans le cas des étudiant(e)s kémalistes qui se divisent en deux groupes. Les traits saillants portent sur la laïcité, la place du voile islamique dans les universités et les institutions publiques et la seule traduction et interprétation du Coran par les hommes.

Date début de thèse: 
Novembre 2013
Date de soutenance: 
ven - 22/09/2017
En savoir plus: 

La soutenance aura lieu à 13h30 à la salle Fustel, Palais Universitaire à Strasbourg.